Le miracle de l’agroécologie : témoignages de certaines familles paysannes

Nous somme dans une rencontre à l’Acul- des-pins (Nord-Est d’Haïti), avec certaines familles paysannes, dans un climat de dialogue serin et détendu, entrain de parler de l’agroécologie. Un paysan, sourire aux lèvres, a pris la parole, témoigné sa gratitude, et dit : « agwoekoliji a se tankou levanjil, kotel rantre li chanje bagay yo  » ; phrase que l’on pourrait traduire ainsi : « l’agroécologie est comparable au message de l’évangile. Là où elle est appliquée elle change les choses ». En fait, ce paysan utilise un langage qui, étant bien l’expression de sa croyance, exprime une réalité profonde et claire.

un espace cultivable à Acul-des Pins

Cette petite phrase, résumant l’idée du flux des témoignages de différentes familles que nous avons rencontrées, est argumentée par des exemples concrets. Arrivant à Dilè, une zone de l’Acul- des- pins, dans un petit jardin familial, une femme racontait que l’espace dans lequel que l’on est maintenant était un espace complètement infertile. Celui-ci, actuellement, grâce à la pratique agroécologique devient fertile. Et sur la même lancée, le mari de cette femme renforçait ses propos, en ajoutant que dans ce jardin ils arrivent à récolter plus qu’ils espéraient.

Témoignage d’un paysan à Acul des pins

Toujours à Acul- des- pins, cette fois-ci à Jean Rabel, dans une rencontre avec les associations paysannes, une femme prenait la parole pour dire qu’elle avait un espace de terre qui était infertile, et son mari prenait la parole pour dire que cet espace était tellement infertile que les gens de la communauté l’appelaient « komodatè », c’est-à-dire « un espace qui ne peut être cultivé  ». Mais leur intégration dans la pratique agroécologique, par le truchement d’un membre des familles paysannes de sa communauté, a donné vie à cet espace que l’on avait cru incapable de produire.

Dans deux semaines, après avoir visité le projet de Carice, une autre visite a été effectuée à Mombin Crochu. Les familles paysannes n’ont pas cessé de faire l’éloge de la pratique agroécologique. À Chervin, dans une rencontre avec certains membres d’une association agroécologique, un paysan a pris la parole pour dire que l’agroécologie est plus que « bon ». En fait, on a remarqué que la même idée traverse les différents discours des familles paysannes qui pratiquent l’agroécologie. Une femme, dont nous avions visité son Jardin, qui ne manquait pas de susciter l’admiration à «  Bois pindri », racontait l’histoire de cet espace actuellement fertile.

le jardin de la femme

Elle avouait que cet espace était un terrain incultivable sur lequel on jouait le football dans le temps. Elle avait essayé de le travailler, mais c’était en vain. Son intégration dans ce programme lui avait permis de le travailler selon les techniques agroécologiques de conservation de sol et cet espace devient très fertile.

Autant de témoignages convaincants et d’observations probantes permettent de comprendre, ce que disait d’ailleurs un paysan : « il n’y a pas de terre infertile » quand on pratique les techniques d’agroécologie. Quelque soit la terre, elle peut donner à manger à l’être humain avec la pratique agroécologique.

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